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Chapitre 9

A l'heure des comptes

Jeanne est installée devant la boutique. Elle dispose plusieurs bouquets de part et d’autre de la porte d’entrée. Aucune voix ne répond à sa question. Elle se retourne et passe sa tête à l’intérieur.

 

« Alors, tu me donnes
une info pour ce soir ?
Un indice ? »

 

 

– Tu m’as entendue ou tu le fais exprès ? Allez, rien qu’un indice. Sylvia est invisible, cachée derrière plusieurs bouquets de roses et de lys blancs. Surprise, elle relève soudain la tête et surgit du mur de fleurs.

– Pardon ? Tu m’as parlé ?
– Mais qu’est-ce que tu es en train de faire ? Qu’est-ce qui t’absorbe à ce
point ?
– Tu te souviens, nous avions parlé des paiements la dernière fois ? Je crois que j’ai trouvé une solution qui fait bien plus que du paiement.
C’est super malin, je crois que cela nous simplifiera vraiment les choses.
– Eh bien ! Quelle efficacité ! Pour quelqu’un qui prenait la fuite dès qu’on parlait de gestion, qui n’osait même pas regarder ses relevés bancaires… Il y a du progrès !

Autour d’elles, le décor n’a plus grand-chose à voir avec celui d’une fleuriste ou alors une fleuriste d’un genre nouveau. Bien sûr, on repère toujours les bouquets créés par Jeanne mais ils se conjuguent désormais avec les bijoux imaginés par Sylvia ainsi qu’avec les objets proposés par d’autres créateurs du quartier. Les deux jeunes femmes se sont installées au rez-de-chaussée sur rue, en rénovant et en agrandissant le magasin d’origine. Le concept store est aujourd’hui un peu caché par la bâche qui recouvre encore la façade. Mais dès la semaine suivante, il accueillera deux vernissages d’artistes en plus de l’activité habituelle.

– Moi aussi, je vais te surprendre, reprend Jeanne en s’approchant du bureau. Hier soir, je me suis renseignée sur le développement facile d’un site Internet pour des commerçantes comme nous.
– Toi ? Mais tu disais détester l’informatique ?
– Comme toi avec la gestion. Mais pas mal de choses ont changé en huit mois, non ? En tout cas, on pourra être visible sur le Web. C’est incontournable !
Sylvia hoche la tête, encore absorbée par ses comptes.
– Alors, un seul indice ? Pour ton associée ?
– Rien ! répond Sylvia. Tu verras comme tout le monde, ce soir à
20 heures.